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L'Ukraine commémore le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl
information fournie par Reuters 26/04/2026 à 14:39

* Tchernobyl marque la pire catastrophe nucléaire de l'histoire

* La guerre accroît le risque d'une nouvelle tragédie - ministre

* Une frappe de drone a endommagé le bouclier de protection de la centrale

(.)

par Dan Peleschuk

L'Ukraine commémore ce dimanche le 40e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la pire de l'histoire, alors que le monde redoute toujours que la guerre menée depuis quatre ans par la Russie ne provoque une nouvel incident atomique majeur.

Kyiv affirme que Moscou a, à plusieurs reprises, envoyé des missiles et des drones sur une trajectoire de vol proche de la centrale pour attaquer des villes ukrainiennes, endommageant même un bouclier de protection essentiel, lors d'une attaque survenue l'année dernière.

Le 26 avril 1986 une explosion a touché le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, dans ce qui est encore l'Union soviétique, provoquant une dispersion des matières radioactives sur une grande partie de l'Europe malgré les efforts des autorités soviétiques pour en dissimuler l'ampleur.

La commémoration de cette catastrophe a pris une nouvelle dimension particulièrement poignante depuis l'invasion en grande ampleur de l'Ukraine par la Russie.

"Tchernobyl est devenu à la fois le symbole de l'irresponsabilité criminelle du système totalitaire soviétique et de l'héroïsme des liquidateurs qui ont réagi à la catastrophe", a déclaré dimanche Denys Chmyhal, ministre ukrainien de l'Energie, sur le réseau social X.

"Tchernobyl est l'une des leçons majeures de l'humanité. La guerre menée par la Russie contre l'Ukraine a encore accru ces risques", a-t-il ajouté.

Des responsables étrangers, dont le commissaire européen à l'Energie, sont arrivés à Kyiv pour commémorer l'événement et s'engager à apporter un nouveau soutien au réseau électrique ukrainien, régulièrement pris pour cible par les frappes aériennes russes.

DES RÉPARATIONS IMPORTANTES NÉCESSAIRES

En février 2025, une frappe de drone russe a perforé un immense dôme installé en 2016 au-dessus d'une partie de la centrale de Tchernobyl afin de protéger un sarcophage construit à la hâte en 1986 pour recouvrir des tonnes de débris radioactifs. Aucune fuite n'a été détectée, et les ouvriers ont depuis colmaté la faille.

Mais l'arc nécessite des réparations plus importantes, d'un montant d'au moins 500 millions d'euros, pour éviter des dommages permanents, selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui participe à une levée de fonds pour ce projet.

S'exprimant dimanche à Kyiv, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a souligné l'urgence de la situation.

"Nous estimons que les réparations doivent commencer dès que possible et que laisser la situation telle qu'elle est actuellement pose problème", a-t-il dit.

Le procureur général de Kyiv a déclaré à Reuters que les radars ukrainiens avaient détecté au moins 92 drones russes ayant survolé un rayon de 5 km autour du bouclier depuis juin 2024.

L'énergie nucléaire est devenue le pilier du système énergétique ukrainien depuis l'invasion russe, représentant environ 70% de la production totale d'électricité, selon la société publique Energoatom.

Le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe et actuellement occupée par la Russie, constitue également un point de friction majeur dans les négociations de paix entre Kyiv et Moscou, menées sous l'égide des Etats-Unis.

Le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré dimanche à Kyiv que la centrale risquait de connaître une catastrophe pire que celle de Tchernobyl si son contrôle n'était pas restituée aux Ukrainiens.

UN SENTIMENT INQUIÉTANT AUTOUR DU SITE

Des millions de personnes ont été exposées aux radiations, des centaines de milliers d'autres ont été contraintes de fuir et de vastes étendues de terre ont été contaminées après l'explosion accidentelle et la fusion du cœur du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, construite par les Soviétiques, aux premières heures du 26 avril 1986.

Depuis, des milliers de personnes ont succombé à des maladies liées aux radiations, comme des cancers, même si le bilan total des victimes et les effets à long terme sur la santé restent un sujet de vif débat.

Située à environ 100 km au nord de Kyiv et entourée d'une zone d'exclusion de 2.600 km², la centrale – que Reuters a visitée mercredi – dégage un sentiment inquiétant qui s'étend sur les vastes forêts l'entourant.

Des gardes nationaux patrouillent le site, où environ 2.250 employés travaillent par roulement pour superviser son démantèlement progressif. Le dernier réacteur de la centrale a été arrêté en 2000.

La salle de contrôle du réacteur n°4 est désormais un espace plongé dans l'obscurité, rempli d'équipements de l'ère soviétique déformés et rouillés.

Des élans et des chevaux sauvages parcourent les environs de la centrale, tandis que la ville voisine Prypiat, abandonnée, montre que la nature a repris ses droits en l'absence d'humains.

(version française Claude Chendjou)

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